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Roger Samard

Né en 1920, Roger Samard commence sa carrière comme tailleur chez un marchand de tissus de la banlieue lyonnaise. Mais la vraie passion de l'homme est le dessin. Il prend des cours à Lyon chez un peintre reconnu, Antoine Chartres, et rencontre les artistes André Cottavoz et Philibert-Charrin ainsi que la bande à Marcel-Etienne Grancher. L'éditeur commence à le faire travailler pour illustrer ses collections.

 Roger Sam et Frédéric Dard, 1947

Il rencontre aussi la soeur d'un jeune écrivain qui recherche la reconnaissance littéraire et rêve du prix Goncourt, Frédéric Dard. Roger Samard, qui signe Roger Sam, monte à Paris en 1946 et commence à travailler avec des dessins politiques pour la revue Concorde, mais les temps sont difficiles.

 Comic Burlesc, où Frédéric Dard fait paraître son premier texte "policier", 1948. 

Après un mariage avec la soeur de Frédéric Dard, il trouve un débouché dans le dessin humoristique.
Alors que son beau-frère tire lui aussi le diable par la queue à Paris et place un premier texte "A la manière de Peter Cheyney" dans la revue Comic Burlesc, Roger Sam fait paraître ses premiers dessins grâce à Yves Mondet dit Redvil dans la revue Oh ! chez Clément Jacquier, en même temps que des textes de Dard dont l'épouse était la gérante.

Frédéric Dard avec des cheveux par Teyvar, vers 1948.

Roger Samard dessine aussi en janvier 1949 pour le magazine Sud-Est 49 dont à ma connaissance il ne sortit qu'un seul numéro ! Et on retrouve un pseudonyme peu connu de Dard dans cet opuscule : Claudia Berlet = le nom de sa grand-mère !

 Sud-Est 49, rare revue sans doute unique

Quelques mois plus tard, en octobre 1949, il participe à la revue gauloise Pour rire avec Redvil et Emmanuel Cocard, autres dessinateurs. Mais après une dizaine de numéros, le magazine aux contes érotiques pourtant très soft est interdit par un visa de censure le 28 août 1950.


Entre temps, Lucien Rousset et Frédéric Dard avaient sortis en novembre 1949 Massacre, revue politique et satirique qui ne perdura que durant 4 numéros ... Difficile de faire son trou dans la presse !


En janvier 1951, on retrouve Roger Sam dans la revue lyonnaise Minuit Pigalle avec Cocard et Teyvar, ses potes de dessins.

 

L'aventure se poursuit avec Clément Jacquier et la petite revue d'histoires drôles Cent Blagues à partir de juillet 1951. Typique de l'esprit de déconne de la bande à Grancher, cette revue propose de petites histoires drôles plus ou moins lestes. De nombreux auteurs dont Frédéric Dard sous divers pseudonymes participent à la production, et cette revue mensuelle de petit format pratique à glisser dans une poche intérieure de veston va perdurer quelques années.



Dès février 1952 sortent deux revues, Parade du rire  (L'humour à travers le monde) et  A la page ! (Amours, Délices et ...Blagues) toujours chez Jacquier, avec leurs recueils d'invendus Rions !
Pendant quelques mois, elles vont entretenir les blagues de comptoir de l'époque. Je laisse le soin aux spécialistes de lister les pseudonymes de Frédéric Dard parus dans ces revues.


En 1953, Roger Sam décide de revenir entre Saône et Rhône où il va dessiner pour Le Progrès de Lyon. On retrouvera ses dessins dans Marius, Le Rire, le Hérisson et aussi dans des hebdomadaires de prestige comme Ici-Paris et France-Dimanche. Il laissera aussi son beau-frère Frédéric Dard poursuivre sa fabuleuse carrière à Paris, mais les deux hommes se croisent souvent dans le magasin de farces et attrapes lyonnais de Jeanine, femme de Samard et soeur de Dard.


En 1955, Roger Sam participe à Comique Magazine sous la même forme que Cent Blagues. Puis ce sera les édition EGE près de Saint-Etienne où ses dessins paraitrons dans les revues Sexy-Blagues, A la blague, Eclats de rire, Sexy-Humour, Histoires sexy et Cie, etc...toujours avec une certaine poésie.

Il fera même les couvertures de deux gros San-Antonio au Fleuve Noir, Béru et ces dames en 1967 et La Sexualité en 1971.

Il décède lors de vacances à Djerba en août 1977.


Merci à Didier Poiret et Gérard Kauffmann, amis de San-Antonio, pour leur aide.

Marcel-Etienne Grancher

L'histoire de la littérature populaire d'après guerre ne peux s'affranchir de Marcel-Etienne Grancher. Né en 1897, il est gravement blessé pendant la première guerre mondiale puis part pour la Chine ou il travaille dans la soierie (en bon lyonnais). De retour en France, il publie quelques ouvrages sur paris puis fonde à Lyon les Editions Lugdunum ainsi qu'un journal publicitaire, Le mois à Lyon.

Il engagera en 1939 un jeune homme qui se révèlera quelques années plus tard l'auteur prolifique des aventures du Commissaire San-Antonio, Frédéric Dard.

Pendant la guerre, il accueille sur Lyon les écrivains parisiens en exil, ses fêtes gargantuesques et autres ripailles sont réputées dans toute la région. Continuant à écrire et publier de nombreux romans dont le Charcutier de Mâchonville (qui lui vaudra une renommée nationale), Grancher doit se mettre au vert en Belgique suite à des sentiments pro-Gaullien un peu trop prononcé pour les forces d'occupation d'alors.

Dès 1951, il parodie la Série Noire puis ses écrits se rapprocheront des milieux culinaires ou il avait beaucoup d'amis en tant que grand amateur de bonne chère. Les maisons d'éditions de M.-E. Grancher furent nombreuses (Vinay, Champs-Fleuris, Optic, Lugdunum, Rabelais, Pensée Moderne et Pensée Nouvelle avec son fils Jacques etc ...).

En exemple ici, une cinquantaine de romans parus aux Editions Rabelais avec des couvertures de Roger Samard - dit Roger Sam qui devriendra le beau-frère de Frédéric Dard.

Marcel-Etienne Grancher finira sa vie à Cannes sur la Côte d'Azur, il décède en 1976.

Indice 6/10.

Frédéric Dard - Le tueur en pantoufles 1951


Curiosité que ce "roman humoristique" du papa de San-Antonio, publié aux Editions SEPO (Société d'Editions et de Papeterie Opéra) qui ne publia d'ailleurs que cet ouvrage !
Les titres annoncés au dos ne sont jamais parus.

Très recherché car sans doute jamais distribué, ce livre n'est pas introuvable et il en sort de temps en temps un exemplaire de ci de là.

Sous une couverture de Roger Samart se cache l'histoire de Jango, tueur à gages, qui vit avec sa maman et son fils Zizi ... Un mélange de la vie privée de l'auteur et de son héros San-Antonio, écrit dans une période compliquée de l'écrivain.

Saviez-vous qu'à cette époque, Roger Sam dessinait pour le journal l'Equipe ?

... pour faire de la pub pour Grancher ...


Indice 8/10.