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Roger Samard

Né en 1920, Roger Samard commence sa carrière comme tailleur chez un marchand de tissus de la banlieue lyonnaise. Mais la vraie passion de l'homme est le dessin. Il prend des cours à Lyon chez un peintre reconnu, Antoine Chartres, et rencontre les artistes André Cottavoz et Philibert-Charrin ainsi que la bande à Marcel-Etienne Grancher. L'éditeur commence à le faire travailler pour illustrer ses collections.

 Roger Sam et Frédéric Dard, 1947

Il rencontre aussi la soeur d'un jeune écrivain qui recherche la reconnaissance littéraire et rêve du prix Goncourt, Frédéric Dard. Roger Samard, qui signe Roger Sam, monte à Paris en 1946 et commence à travailler avec des dessins politiques pour la revue Concorde, mais les temps sont difficiles.

 Comic Burlesc, où Frédéric Dard fait paraître son premier texte "policier", 1948. 

Après un mariage avec la soeur de Frédéric Dard, il trouve un débouché dans le dessin humoristique.
Alors que son beau-frère tire lui aussi le diable par la queue à Paris et place un premier texte "A la manière de Peter Cheyney" dans la revue Comic Burlesc, Roger Sam fait paraître ses premiers dessins grâce à Yves Mondet dit Redvil dans la revue Oh ! chez Clément Jacquier, en même temps que des textes de Dard dont l'épouse était la gérante.

Frédéric Dard avec des cheveux par Teyvar, vers 1948.

Roger Samard dessine aussi en janvier 1949 pour le magazine Sud-Est 49 dont à ma connaissance il ne sortit qu'un seul numéro ! Et on retrouve un pseudonyme peu connu de Dard dans cet opuscule : Claudia Berlet = le nom de sa grand-mère !

 Sud-Est 49, rare revue sans doute unique

Quelques mois plus tard, en octobre 1949, il participe à la revue gauloise Pour rire avec Redvil et Emmanuel Cocard, autres dessinateurs. Mais après une dizaine de numéros, le magazine aux contes érotiques pourtant très soft est interdit par un visa de censure le 28 août 1950.


Entre temps, Lucien Rousset et Frédéric Dard avaient sortis en novembre 1949 Massacre, revue politique et satirique qui ne perdura que durant 4 numéros ... Difficile de faire son trou dans la presse !


En janvier 1951, on retrouve Roger Sam dans la revue lyonnaise Minuit Pigalle avec Cocard et Teyvar, ses potes de dessins.

 

L'aventure se poursuit avec Clément Jacquier et la petite revue d'histoires drôles Cent Blagues à partir de juillet 1951. Typique de l'esprit de déconne de la bande à Grancher, cette revue propose de petites histoires drôles plus ou moins lestes. De nombreux auteurs dont Frédéric Dard sous divers pseudonymes participent à la production, et cette revue mensuelle de petit format pratique à glisser dans une poche intérieure de veston va perdurer quelques années.



Dès février 1952 sortent deux revues, Parade du rire  (L'humour à travers le monde) et  A la page ! (Amours, Délices et ...Blagues) toujours chez Jacquier, avec leurs recueils d'invendus Rions !
Pendant quelques mois, elles vont entretenir les blagues de comptoir de l'époque. Je laisse le soin aux spécialistes de lister les pseudonymes de Frédéric Dard parus dans ces revues.


En 1953, Roger Sam décide de revenir entre Saône et Rhône où il va dessiner pour Le Progrès de Lyon. On retrouvera ses dessins dans Marius, Le Rire, le Hérisson et aussi dans des hebdomadaires de prestige comme Ici-Paris et France-Dimanche. Il laissera aussi son beau-frère Frédéric Dard poursuivre sa fabuleuse carrière à Paris, mais les deux hommes se croisent souvent dans le magasin de farces et attrapes lyonnais de Jeanine, femme de Samard et soeur de Dard.


En 1955, Roger Sam participe à Comique Magazine sous la même forme que Cent Blagues. Puis ce sera les édition EGE près de Saint-Etienne où ses dessins paraitrons dans les revues Sexy-Blagues, A la blague, Eclats de rire, Sexy-Humour, Histoires sexy et Cie, etc...toujours avec une certaine poésie.

Il fera même les couvertures de deux gros San-Antonio au Fleuve Noir, Béru et ces dames en 1967 et La Sexualité en 1971.

Il décède lors de vacances à Djerba en août 1977.


Merci à Didier Poiret et Gérard Kauffmann, amis de San-Antonio, pour leur aide.

Editions Dumas

Jean Dumas était un imprimeur de Saint-Etienne. Il semble qu'il ait eu des bureaux à Paris (au 56 rue Vaneau) lui permettant à partir de la capitale de recruter des auteurs et publier leurs ouvrages.

A partir de 1944, il propose différentes collections, illustrées par Roger Brard, Paul Derambure, Robert Gaulier ou Favergeat. Outre la collection Pervenche qui sera revendue à Tallandier, les éditions Dumas publient aussi la revue Louveteau pour les jeunes scouts.

Parait d'abord une collection dite Jeunes de France qui relate des aventures de scoutisme avec des titres "pour les garçons" et "pour les filles" :


Une trentaine de titres parus (il en manque ici) :

Un garçon dans la tourmente par Louis Simon (1944)
Meneur de jeu par René Duvillars
Robert-Louis Stevenson, Le Secret de l'épave (1945)
Patrouille fantôme par Dasch
La poupée hindoue par Marcelle Davet
Les captifs d’El Riath par Dasch
L’Etrange aventure de Carnoets par Dachs
La princesse captive par E. Tarit
Roselyne fille de princes par Marcelle Davet
La patrouille a peur des légendes par Dasch
La combe aux loutres par Boris Simon
Les piroguiers de l’étang noir par J.J. Danpierre
La maison sous les étoiles par R.J. de Kerlecq
Traon-ar-Rhun par Dachs
Gibier à poil de Michel Paolini
La croisière de l’Arcturus par Marc Burgard
Une petite fille rêvait par Marcelle Davet
Le trésor du labyrinthe par Camille Bell
La guerre aux visages pâles par J.J. Danpierre
Le secret de l’or noir par Robert Gaillard
Tu seras Reine par Marcelle Davet
Les survivants de la ville morte par Dasch (1947)
L'énigme des falaises par G. Poulain
La roulotte ensoleillée par R.J. de Kerlecq
...

On s'essaye aussitôt dans une série policière, sans grand succès, la collection Détective qui devient très vite La Main noire :


Tony Tizeau : Le crime de la rue de Lappe (1945)
Claude Mariat : Meurtres à la Chambre (1946)
Jean-Armand Beaux : Le septième juré (1946)
Maurice Roux : L'assassin est dans la mine
Maurice Roux : La Gazelle Rouge (1951)

Puis vient la collection Visages de l'aventure où on retrouve le prolifique Robert Gaillard :


Le maître du Papagaïo par S. Chabrol du Bousquet 1946
Le gibet de Charleston par Marcel Hervieu
La nuit péruvienne par Robert Gaillard
L'Or et l'opium par Edouard de Keyser
Le vent des solitudes par O.W. Shepard
Louisiane par Robert Gaillard 1947
Le grand mirage par Robert Gaillard 1949
Equateur par Francis Didelot 1950

Enfin, quelques autres titres sans vraiment de fil conducteur autre que de belles couvrantes avec en vrac et dans le désordre Rocambole, Robert Gaillard, les lyonnais Joseph Jolinon et Frédéric Dard !


Pas très faciles à trouver au vu des faibles tirages de l'époque.

Hank Janson

On a déjà comparé le phénomène Hank Janson en Grande Bretagne à ce qui s'est passé avec San-Antonio dans l'hexagone. Mais à y regarder de plus prêt, certains points sont troublants ...


Créé en 1946 par l'anglais Stephen Daniel Frances (1917-1989), ce journaliste américain du nom de Hank Janson nous fait vivre des aventures policières à travers dans histoires de gangster situées aux Etats-Unis. Frances fût élevé en partie par sa grand-mère (comme Frédéric Dard) quand son père décède durant la première guerre mondiale.

Livres distribués par Gaywood Press, Londres

Très tôt, il publie un fanzine puis très vite se lance dans l'édition et l'écriture de polars. Son histoire passe un jour par un éditeur qui lui demande très vite un manuscrit. Il réponds qu'il lui faut choisir parmi ceux qu'il a déjà écrit. Mais c'est un mensonge : il passe le week-end à dicter à sa secrétaire le texte qui fera un très bon premier succès. Dard usa du même stratagème avec "Les salauds vont en enfer", écrit à la va-vite pour satisfaire un directeur de théâtre... et avec le succès que l'on sait.

Stephen D. Frances va habiter en Espagne sur la Costa Brava pour écrire ses romans, plus de 200 en tout à une forte cadence. Frédéric Dard, certes plus tard, habitera régulièrement Marbella pour écrire.
Il écrira sous les pseudonymes de Tex Ryland (pour du western), Ace Capelli, Max Clinten, Dabve Steel, Duke Clinton ... certes moins que ceux utilisés par Dard !

 
Créées par Reginald Cyril Webb (1902-1957), qui signe Reginal Heade, les magnifiques pin-up des couvertures sont le reflet anglais de la vague venue des Etats-Unis qui déferle sur l'Europe après-guerre.

Là où cet écrivain anglais eût des problèmes, c'est avec la "censure" anglaise qui va très tôt embêter - que dis-je  ? - emmerder l'auteur et ses éditeurs pour les couvertures plutôt sexy de ses ouvrages.
Dès 1950, les ouvrages sont régulièrement saisis et détruits. Et deux de ses éditeurs vont même jusqu'à faire 6 mois de prison ! On ne plaisante plus chez les protestants ... Frances arrive a échapper à l'arrestation mais le couperet passe très prêt de sa tête lors de son procès en 1954.

Ouvrages parus chez Alexander Moring Ldt

Heade réalise des dizaines de superbes couvertures, dont une petite partie est représentée ici. Tel Michel Gourdon, il fait une partie de la réussite de l'auteur ainsi de la fortune des éditeurs. En 1958, il se vendait environ 4000 exemplaires par jour. Etrangement, comme pour Frédéric Dard et Michel Gourdon, Frances n'a jamais rencontré Heade !

Pour finir, sachez que quelques textes de Frances ont été distribués en France sous le nom de Hank Janson aux éditions du Condor et au Fleuve Noir dans la série l'Aventurier. Sans grand succès apparemment...


Et comme l'histoire est belle, deux ouvrages de Frédéric Dard sont parus à cette époque en catimini en Grande-Bretagne. Sans plus de succès !

San-Antonio et Frédéric Dard sortis chez Harborough Publishing Company

Retrouvez l'histoire complète de Hank Janson avec le magnifique travail détaillé de Tonton Pierre sur Lit-Pop' ainsi que dans le remarquable article de Dominique Jeannerod paru dans Le Monde de San-Antonio n°68 au printemps 2014.

Les livres de Hank Janson ont été réédités récemment par Telos en Grande Bretagne.


Le Mois à Lyon

Magazine créé par Marcel-Etienne Grancher, le Mois à Lyon est un périodique traitant de l'actualité politique, littéraire et artistique de la région lyonnaise. On le trouve dans les salons d'attente des médecins, avocats, coiffeurs, dentistes de la région, mais aussi dans les cafés et restaurants. La diffusion annoncée est de 50 000 exemplaires, ce qui semble étonnant au vu de la rareté de cette revue.


Administré par Gaston Simonet, on y trouve de nombreux articles de Grancher lui même, mais aussi de Henri Clos-Jouve, du prolifique Max-André Dazergues, et du jeune Frédéric Dard qui signé dans le n°1 (7ème année) de janvier 1939 son premier article en tant que ... journaliste : Ski ...
Il a avoué bien plus tard qu'il passait la majeure partie de ses journées à tenter de récupérer les traites des nombreux annonceurs qui y avaient placé une annonce. Il y publia son premier ouvrage, la Peuchère en épisodes.

Mais c'est aussi une manière de vendre de la publicité à bon compte. Les présidents des associations de toute sorte en sont de leur article, ainsi que les propriétaires de restaurants, garages, cabarets etc ...
Bref, une manne pour Grancher !

Vous trouverez quelques quelques couvertures de cette revue ci-dessous :

Indice 7/10.

Editions Optic, Lyon

Maison d'éditions très active pendant et après la guerre, certainement moins surveillée par les occupants, Optic créée à partir de 1945 deux collections policières qui voient publier des auteurs lyonnais puis anglais et américains, dont certains feront les beaux jours de la Série Noire.

Les amis de Marcel Grancher sont au tableau des romanciers lyonnais pour la collection La clé du Mystère, avec de personnages récurents de l'édition comme Charles-Antoine Gonnet, Max-André Dazergues, Frédéric Dard et François Monnet.


Pour les autres, la série s'arrête au bout d'une douzaine de titres. Certaines couvertures sont illustrées par Noël Lombard (?) sans aucune unité visuelle.


Collection La clef du mystère
Editions Optic, 87, rue de la République, Lyon

Dick-Vercors - Charles-Antoine Gonnet (1945)
Les 3 Marie - François Monnet
Fermé pour cause de décès - Max-André Dazezrgues
L'étrange nuit du lac - Max-André Dazergues
Crime en vase clos - François Monnet (1946)

Cinq personnes sans alibi - Henriette Chandet (1945)
Le mort viendra à minuit - Saint-Giniez
La mort des autres - Frédéric Dard
Le poignard d'Othello (Othello's occupation) - Leonard Alfred George Strong (1946)
Le persan bleu a vu la mort (The puzzle of the silver persian) - Stuart Palmer
Un temps pour mourir (A time to die) - Hilda Lawrence
Sang sur la neige (Blood upon the snow) - Hilda Lawrence
Un couteau dans le dos (Knife in my back) - Sam Merwin Jr.
Arrêt de mort (Dead stop) - Miles Burton
Week-end avec les fantômes - Max André Dazergues
Espion contre espion (Spy meets spy) - Frederick Frost
Le pavillon (The pavillon) - Hilda Lawrence
Dette de sang (Blood is a beggar) - Thomas Kyd (1947)
De la Volga au Yukon – Daniel Henderson

_____________

En 1948, après un déménagement, cette maison sort une collection sentimentale, la collection Claire, qui ne comprendra qu'une petite vingtaine de volumes. Les superbes illustrations ne sont pas signées, dommage, le mystère reste entier...


Pas facile à trouver en bon état . Indice 7/10.

Collection Claire
Editions Optic, 13, rue François Dauphin, Lyon

1 Mirages - Max du Veuzit (1948)
2 Diane et l'amour - Concordia Merrel
3 Le pendentif rouge - Jean Joseph-Renaud
4 Elle et son mari - Berthe Bernage
5 Frédérique ou un caractère parisien - Jean de la Brète
6 Un miracle d'amour - Concordia Merrel
7 L'héritage de Marie-Paule - Miriam Dou (1949)
8 Pourquoi pas moi - Concordia Merrel
9 Petite vedette - Claire du Veuzit
10 Son héros secret - Jean Joseph-Renaud
11 La femme en sandales - Luc Durtain
12 L'amour enchaîné - Concordia Merrel
13 Le bonheur volé - Patricia Wentworth
14 Montée des anges - Max-André Dazergues
15 Le bungalow de l'amour - Georges Godefroy
16 La ronde sans espoir - Claude Véla
17 Que la ville est belle ! - Jean d'Esme
18 Une Carbonara - Jean Joseph-Renaud

Frédéric Dard - Georges et la dame seule 1944

Publié en période de guerre et de vache maigre par le jeune écrivain, Georges et la dame seule n'est pas à proprement parler un chef d'œuvre de la littérature. C'est un texte écrit en 1941-42 à Sainte-Foy-lès-Lyon et publié aux Editions Ophrys début 1944. Il faut dire que Patrice était en route et la vie n'était pas simple pour le jeune couple.

A l'époque existait dans ce village un débit de boissons nommé La ferme, financé par Marcel Grancher et tenu par un certain Charlaix, illuminé de la première heure. Frédéric Dard passait des heures dans ce bar, il semble qu'il ait écrit ce texte ici, en parallèle à celui du Mystère du cube blanc.


L'histoire est somme toute assez banale : Un jeune homme de Bourgoin, Georges, tombe amoureux d'une inconnue croisée dans la rue. Il s'avère que cette jeune femme est la promise d'un voyou qui croupit en prison ... Ce court texte (128 pages), dont l'original manuscrit existe encore, avait comme titre premier La marche au soleil.

L'ouvrage est dédié au Docteur Albert Brunerie et est difficile à trouver en édition originale, pour cause de faible tirage. Une réédition chez Fayard parut en 2003, et une en Italie en 2009.

Indice 9/10.


Pour agrémenter cette présentation, voici une photographie inédite de l'auteur à l'âge de 19 ans, en promenade à Aillat chez sa grand-mère, sabots aux pieds ...

Référentiels


Nombre d'entre vous me contactent afin d'avoir des référentiels pour parfaire leurs connaissances sur le roman policier. Ce petit topic est donc spécialement pour eux, curieux ou collectionneurs, qui s'intéressent à ce sujet.

1 - Le roman criminel de S. Benvenutti, G. Rizzoni et M. Lebrun. Un classique de la connaissance très bien documenté et encore trouvable. Editeur : L'Atalante 1982.

2 - Trésors du roman policier de Jacques Bisciglia. Par un bouquiniste qui a listé nombre de collections policières, un document formant une bonne base à toute collectionnite aiguë. Editions de l'Amateur, 1984.

3 - Guide du polar de M. Lebrun et J.-P. Schweighaeuser, Editions Syros 1987. Un autre classique limité au policier français avec de pertinentes bibliographies et filmographies.

4 - Catalogue San-Antonio de J.-P. Bouquin (le bien-nommé), un aperçu exhaustif de tous les San-Antonio parus en Français dans toutes leurs versions, un travail titanesque, à commander chez les Amis de San-Antonio. Parution 2009.

5 - André Héléna : Les secrets d'un auteur de roman noir par Christophe Bier, bibliographie commentée par Frank Evrard, un must pour tous les amoureux de cet auteur. Chez Bier-Press, 2000.

6 - Catalogue Frédéric dard / San-Antonio des versions étrangères par Ph. Aurousseau, plus de 700 éditions retrouvées dans 35 pays, une curiosité à découvrir, à commander chez les Amis de San-Antonio. Parution 2010.

Bien sûr d'autres livres de vulgarisation existent et cette courte liste n'a rien d'exhaustive.

Frédéric Dard - Croquelune

Afin de célébrer comme il se doit le dixième anniversaire de la mort de Frédéric Dard à ma manière, laissez-moi vous présenter une version peu courante de Croquelune. Vous connaissez déjà la version dite de luxe ici, voici l'édition originale tirée à seulement 20 exemplaires sur Velins Moirans.
Le livre paru en juin 1944 est strictement identique à la version classique, juste un peu plus épais.

Les habitudes des différents tirages de l'époque venaient en partie de Marcel Grancher qui avait trouvé une technique astucieuse pour payer ses impressions. Il glissait parmi son roman quelques dizaines de noms de ses amis ou relations à qui il proposait en avant-première un tirage dit de luxe, agrémenté d'un envoi personnalisé voire d'une remise en main propre.

Comment résister à une aussi belle intention, même si le prix du book était au dessus d'un tarif raisonnable ? L'argent ainsi accumulé payait l'impression d'une partie du tirage classique, dont la vente générait des bénéfices ... Le jeune Frédéric Dard fit de même pour un ouvrage appelé Le Cirque Grancher en 1947.

Indice pour cet ouvrage : 10/10.

Le mystère du cube blanc

Il sort aux Editions de Savoie en Avril 1945 un petit livre de 96 pages signé F.D. Ricard dans la collection (éphemère) du Gendarme : Le mystère du cube blanc. Une sombre histoire d'un homme étrange nommé Mr Noname (Monsieur Personne) arrivant en même temps qu'est commis un meurtre dans un café-restaurant-hôtel des bords de la Saône ...

Et puis "Cube blanc" quel drôle de nom pour un établissement de ce genre ... Et quel drôle de pseudonyme pour le jeune écrivain qui ne signa qu'une fois avec ce nom, "Ricard" étant la contraction de Frédéric Dard, tout le monde l'aura reconnu.


On retrouve ici le travail de "mercenaire" de la littérature voulu par l'auteur désirant se positionner sur les traces de Max-André Dazergues qu'il admire beaucoup. On retrouvera un livre identique déjà présenté sous le pseudonyme de Sydeney.

Vous noterez la présence déjà du commissaire Baume et son adjoint l'inspecteur Sidoine, prélude au duo San-Antonio - A.-B. Bérurier qui verra le jour quelques années plus tard.

Livre paru sous le même aspect mais avec deux prix différents, 15 Frs et 20 Frs.

Petit tirage, très recherché, indice 8/10.

Réglez-lui son compte !

... ou les révélations de San Antonio par Kill Him.
Premier titre des aventures du célèbre Commissaire publié aux éditions Clément Jacquier à Lyon en juillet 1949, avant que l'auteur, installé en banlieue parisienne, ne publie pour le Fleuve Noir. Vous noterez l'absence du tiret entre San et Antonio, celui-ci apparut dans le n°11 du Fleuve Noir.

Présenté sous un cartonnage et une jaquette illustrée (par qui ? mystère ... peut-être Uzo), le livre ressemble aux premières versions de Peter Cheyney apparues en France en 1948 aux Presses de la Cité.
Le tirage à 3000 exemplaire ne se vendra pas bien, les 2300 livres restant seront bradés à un soldeur parisien établi rue du Caire, un certain Pinaud.

Le livre, bien que passé inaperçu pour le grand public, fera l'objet d'une critique flatteuse dans le Canard Enchainé du 21 septembre 1949 ainsi que dans la revue Mystère Magazine n°22 de novembre 1949 (où dans les deux cas il est attribué à Frédéric Dard et non à son pseudonyme).
La légende dit que le jeune fondateur du Fleuve Noir tombera lui aussi dessus et demandera à l'écrivain de continuer pour sa collection Spécial Police ... On connait la suite !

Cet ouvrage sera réédité en 1992 par le Fleuve Noir en fac similé (1500 exemplaires numérotés).

Indice : Avec jaquette en bon état 9/10 ; sans jaquette : 5/10.

Sydeney

Fondée en 1943, les Editions de Savoie à Lyon publièrent dans leur mince catalogue une trentaine d'ouvrages dont cette curiosité.

Avec cette histoire, l'auteur souhaite se prouver qu'il est capable de doubler son activité purement littéraire d'une production populaire, rapidement écrite, tel son mentor qui "pissait" plusieurs livres par mois, je veux parler de Max-André Dazergues.

Les autres titres annoncés (le fantôme écossais, le pendu vivant,le monstre qui tue les femmes ou le cimetière des morts qui chantent) ont certainement été repris dans la série de la loupe épouvante chez Clément Jacquier peu après.
Notez que Dudly Fox, le héros a les mêmes initiales que l'auteur ...

Ah ! J'oubliais de vous préciser que ce jeune écrivain n'est autre que Frédéric Dard.

Le jeu de boules avec Marcel Grancher (qui pointe)...

Marcel-Georges Prêtre

Marcel-Georges Prêtre fût un romancier prolifique qui avait un seul problème dans la vie : il n'avait pas le talent de l'écriture ! Ce qui ne l'empêcha pas de publier près de 130 ouvrages dans sa carrière d'écrivain ...

A partir de 1954, il reçu l'aide de Frédéric Dard pour une demi-douzaine d'ouvrages, dont celui-ci :


La chair à poissons

Editions
Au Bouquin d'Or 1957

Collection
l'As de Pique
192 p.




Ce livre fera l'objet d'un scénario créé avec Maurice Delbez et Michel Lebrun pour le film "Dans l'eau qui fait des bulles" sorti en 1960 (avec Luis de Funès et Claudine Coster).

Il est certain que M.G. Prêtre avait de bonnes idées, riche d'une vie un peu aventureuse entre la Suisse et ses voyages (Afrique, Amérique du sud) mais avait besoin d'une aide pour les mettre en page. On le soupçonne d'ailleurs d'avoir repris des textes de Dard déjà parus et de les avoir remaniés pour les publier sous son nom (comme Deux visas pour l'enfer qui est une reprise de Batailles sur la route).
Etait-ce une collaboration littéraire ou un plagiat, nous ne le saurons jamais, une chose est sûre les deux hommes restèrent très liés jusqu'au décès de Prêtre en 1995.

A partir de 1968, il s'associe à Marc Waeber, journaliste avec lequel il publiera de nombreux romans policier et d'espionnage sous le pseudonyme commun de François Chabrey.
Plusieurs de ses romans furent adaptés pour la radio Suisse.

Marcel Prêtre en compagnie de sa fille- Droits Réservés.

Indice : 5/10

Bande de livres !

Quel collectionneur n'a pas eu une fois dans sa vie le dilemme suivant : montrer son entière collection sans les bandes annonces (et donc non complète ...) ou avec les bandes annonces (et foin du côté esthétique...) ?

La bande en papier était utilisée jusqu'en 1940 pour emballer un groupe de livres et éviter que les ouvrages ne se baladent dans les cartons d'expéditions. Jusqu'au jour ou un éditeur eût l'idée de les utiliser afin de vanter son produit.

Pendant des décennies, le lecteur a utilisé cette bande comme marque-page ou simplement jeté à la poubelle avant lecture. Après guerre une grande partie des ouvrages en possédaient une. En présentation ici quelques ouvrages recherchés bien complets de leur bandes-annonces : Jean Ray (Malpertuis), C.H. Dewisme (La porte ouverte), un pseudonyme de Frédéric dard (Antonio Giulotti), Léo malet ...

Inutile de dire que pour un amateur, la recherche de ces bandes originales est un plus au même titre qu'un envoi de l'auteur.

Collection Le Glaive - Clément Jacquier

Au sortir de la guerre paraît aux Editions du Puits-Pelu à Lyon une série de petits fascicules d'histoires policières : Le Glaive.
Lancée par Max-André Dazergues dès 1944, ces courtes histoires se poursuivirent jusqu'en 1958, la collection étant alors au n° 141. Les couvertures sont illustrées successivement par Uzo, Roger Roux, Paul Darcy et Yves Martin.

 Numéros 1 à 30

Les auteurs sont tous français, tels Léopold Massiera (1920-1999), Marc Minerath, Leo Gestelys ou encore Frédéric Dard. Il faut dire qu'en 1949, c'est l'éditeur Clément Jacquier qui lui permit de sortir son premier San-Antonio ... avec la suite que l'on connait. Dard publia dans cette série quelques petits textes fort recherchés.

Numéros 31 à 60

Ce Clément Jacquier qui sévissait dans la capitale des gaules était un homme visionnaire et plein de bonnes idées. Ainsi cette collection proposa début 1955 à ses lecteurs de résoudre eux-mêmes l'énigme proposée, la solution se trouvant dans le prochain fascicule ... De nombreuses collections paraitrons au Puits-Pelu, entre autres Tourterelle, La Loupe (policière, espionnage et épouvante), Crinoline et même de la science-fiction avec l'An 2000.

Faisant l'objet de petits tirages pendant la guerre, le début de collection est difficile à trouver de nos jours.

Indice 7/10.

Frédéric Dard - Le norvégien manchot 1943


Pour ceux qui n'ont jamais vu une véritable édition originale, voici l'un des 10 exemplaires du "Norvégien manchot", imprimé sur Couché Supérieur et numéroté n° 2.
Préface de Gilles Lemerc, monotype de Roger Samard (Sam), 174 p.

L'intérieur est identique à l'édition classique à part le papier de luxe, seule la couverture est différente. autant vous dire que le livre est rare dans cette version.

Indice 10/10.

Batouk

De la bande dessinée d'époque maintenant avec en présentation la série "Batouk" créée entre 1945 et 1946 aux éditions S.A.E.T.L.I. puis aux éditions Duclos à Paris.

Les textes sont de Max-André Dazergues et les illustrations de couverture et dans le texte d'Eugène Gire (voir le blog précédemment).


De son vrai nom André Compère (1903-1963), ce romancier prolifique écrivit une tripotée de textes sous plusieurs pseudonymes (entre autres André Mad, André Madandre ou André Star) et débitait tellement d'écrits qu'on le soupçonna même d'être un pseudonyme de Georges Simenon ... C'est vous dire ! Il sévit beaucoup dans de petites maisons d'éditions parisiennes et lyonnaises, ses textes sont innombrables (plusieurs centaines) et peu recensés jusqu'à présent.

Il participa aussi indirectement à la mise en orbite dès 1940 du jeune Frédéric Dard pour qui il fît la préface de son premier opuscule (La peuchère - Lugdunum).

Revue encore trouvable, 18 titres parus, indice 4/10.


1. Le sultanat de Sokoto
2. L’Amazone du Niger
3. Les nuits de Porto-Novo
4. Le trésor des Achantis
5. L’homme du Togo
6. Le lac des trois lunes
7. Le fantôme de la mine d’or
8. L’île des léopards
9. Du sang dans la brousse
10. Le mystère de la cataracte
11. Les étrangleurs du Dahomey
12. Tempête sur la Côte des Esclaves
13. Le secret de Batouk
14. La gondole aux sorciers
15. Les nains du Sankourou
16. La princesse du Transvaal
17. Les pirates du Lac Victoria
18. La retraite de Batouk.

Editions du Puits-Pelu - Magazine Oh !

Que voici un chouette magazine ! De belles pin-up en couvertures, des histoires drôles agrémentés de dessins coquins, tous les ingrédients d'un bon moment de plaisir sont là ...

Cette revue, lancé en Octobre 1948 par Clément Jacquier, regroupe de nombreux textes de Frédéric Dard sous pseudonymes, sa femme étant "gérante" de l'affaire. Ils produisirent à la même époque la revue de petit format "Pour rire". Les couvertures sont en grande partie de Redvil.

C'est compter sans la censure qui interdit le magazine par arrêté du 28 Août 1950 alors que 24 numéros étaient déjà parus ... Trois recueils comprennent les n°1-6 et 7-12, et 13-18.
Le quatrième recueil existe-t-il ?

Indice 6/10.

Frédéric Dard - La Crève

Editions confluences, Lyon-Paris, 1946.

Ecrit par le jeune auteur à l'âge de 25 ans, cet histoire tragique de P'tit Louis et d'Hélène est le récit romancé de moments connus par Dard lui même alors qu'il avait participé à des expéditions punitives sur Lyon avec un ami corse.

Ces moments gravés à jamais dans sa mémoire sont le terreau d'un certain désespoir que l'on retrouvera dans l'ensemble de son oeuvre, le côté sombre de San-Antonio en quelque sorte.

Livre édité à 500 exemplaires à l'époque (dit-on), première réédition en 1989, pas si facile à trouver de nos jours. Indice 8/10.

Editions Jacquier - La Loupe Epouvante

Les plus perspicaces d'entre vous me signalent gentiment que j'ai omis de parler d'une courte série qui a vu le jour chez Jacquier en 1952 et se nomme : La loupe Epouvante.
Il est vrai que cette mini collection ne compta que quatre titres, dont trois de Frédéric Dard sous pseudonyme.


Série avortée donc pour permettre sans doute aux deux autres collections - Policière et Espionnage - de continuer et prospérer.

Indice 3/10.

Editions Jacquier - La loupe Policière 1/

Assez prisée des collectionneurs d'oeuvres de Frédéric Dard, cette série policière commencée en Février 1951 perdura dans le temps de nombreuses années.

Les éditions du Puits-Pelu à Lyon (ou Clément Jacquier suivant la collection) sortirent après guerre de nombreuses collections (Loupe, Crinoline, Glaive,Tourterelle, l'An 2000 ...) pour s'éteindre au début des années 60. Ils publièrent dans cette série dite "policière" des nouvelles sous pseudonymes de Frédéric Dard.
Les 16 premières de couverture sont muettes, je pense que l'auteur pourrait être Yves Martin qui signa les suivantes.


On trouve en n° 8 une resucée du livre de Sydeney alias Frédéric Dard "La mort silencieuse" et en n°10 et 11 le célèbre duo tiré du premier San-Antonio de 1949, Réglez-lui son compte (avec un chapitre en plus pour boucler la pagination !).

Notez que depuis une quinzaine d'années le prix de certains titres ont subit la loi de la demande, mais on les trouve encore (un peu) sur les brocantes pour 1 euro, et encore (un peu) chez les marchands pour 120 euros (au minimum) ...

La suite des couvertures est ici.

Indice pour les 20 premiers : 6/10.